L'horloge 44

Le syndrome d'Asperger

L'horloge 44
  • Éditeur québécois

Pour ma dernière année au secondaire, j'ai droit à une nouvelle école. Encore une. Mais j'ai l'habitude. Mes parents déménagent souvent. Au début, c'était difficile; toutefois, au fil du temps, je me suis réglée.

Je suis une horloge qui fonctionne selon son propre rythme: régulier, fixe, immuable. La clé de ma stabilité? Je n'ai besoin de personne. Je n'ai pas d'amis. Ça pourrait sembler triste, mais, pour moi, c'est reposant. Avoir des amis, ça multiplie les risques d'imprévus. Et puis, je n'ai jamais compris comment connecter avec les gens.

J'étais à l'aise dans ce rythme jusqu'à ce que je reçoive un diagnostic de TSA. Depuis que j'ai été étiquetée comme «Asperger», mes parents insistent pour que je m'intègre, que je me fasse des amis. Eh bien, d'accord. Je vais m'y mettre. Ce sera mon plan pour prouver au monde que je suis capable d'accomplir ce que j'ai en tête.

Évidemment, tout ça, c'était de la théorie. Le plan ne s'est pas passé comme prévu. Tous mes rouages ont explosé. Je suis une horloge brisée.

Les personnes vivant avec un syndrome d'Asperger peuvent adopter des comportements compulsifs ou stéréotypés, développer des intérêts très profonds pour certains sujets, accorder une grande importance aux routines et présenter des difficultés à déchiffrer des situations sociales et à y participer. Prendre conscience de leur façon unique d'être et de penser, mais aussi respecter l'individualité de chacun, est essentiel pour bien les accompagner dans leur cheminement.